Aujourd'hui, nous sommes le 25 juin.
Et ça fait six ans, déjà, que tu nous as quittés. Comme ça, brutalement. 
 
Je me suis levée un matin, et tout le monde en parlait. Je n'ai pas voulu y croire, puis il a fallu me rendre à l'évidence. Les jours qui ont suivi ont été terribles, de ceux qui te font chercher une raison de continuer. Des jours de désespoir et de désarroi. Je cachais mes larmes autant que possible quand je sortais, je fondais en larmes quand je pouvais.
Certains n'ont pas trouvé de raison de continuer ; je porte leur deuil en même temps que le tien.
Puis le processus de deuil s'est déroulé. Je ne sais pas si on peut dire qu'il est terminé, vu la douleur qui m'étreint aujourd'hui. Comme chaque année. Je pense que oui, il est terminé. Il me reste de toi cette douleur et des souvenirs.
 
Souvenir de la rencontre, d'abord, évidemment musicale, avec Bad. Immédiatement, j'ai su que je ne pourrais plus dormir tranquille sans connaître ce chanteur qui, en quelques accords et quelques phrasés, me touchait au plus profond de moi. 
 
J'ai économisé et acheté tous tes albums, d'Off the Wall à Dangerous. Et j'y ai retrouvé les quelques chansons que j'adorais étant petite, mais dont je n'avais jamais retenu le nom de l'interprète. 
J'ai été à un maximum de concerts, chez moi comme à l'étranger.
J'ai été te voir quand tu venais à Paris, et tu es venu souvent.
J'ai même eu, une fois et par un concours de circonstances hallucinant, le privilège d'assister à la projection de Matrix avec toi, assis deux rangs derrière moi.
 
Et ce que je retiens de toi, surtout, c'est ce que tu m'as laissé, à travers tes chansons.
Des encouragements à croire en moi, à surmonter les épreuves et à continuer.
Je ne serais pas celle que je suis aujourd'hui si je n'avais pas croisé ta route.
 
J'ai vécu un déménagement et rencontré de nouvelles personnes. Je me suis fait de nouveaux amis. J'ai mis en place de nouveaux projets, connu des réussites, des échecs. 
Tu vois, j'ai continué. Je continue...
 
Aujourd'hui, comme chaque année, je m'arrête un instant pour pleurer, évacuer le trop plein d'émotions.
C'est dur.
Ça ira mieux demain...
 

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