Il était une fois un médecin, un cardiologue. Il n'était pas mauvais, puisqu'il sauvait des gens. Mais il avait un train de vie qui l'endettait chaque mois un peu plus. Un jour, on lui a demandé de s'occuper d'un artiste, très connu et très riche, pour une coquette somme d'argent qui tomberait tous les mois. Alors, il a pris sa plus belle plume et il a écrit à tous ses patients pour leur dire qu'il les aimait tous très fort d'amour, mais que là, ils pouvaient se trouver un autre cardio.

Et il s'est installé chez son unique patient, très connu et très riche.
Ce patient avait un lourd passé médical et ses nombreux problèmes de santé avaient provoqué une insomnie chronique et invivable. Il avait donc cherché de l'aide auprès de nombreux médecins et, "grâce" à certains d'entre eux, avait découvert qu'il existait des médicaments pouvant le faire dormir artificiellement.
Il leur faisait confiance et c'est ainsi que l'artiste a développé l'habitude de "dormir" sous anesthésiants quand les crises d'insomnies étaient trop pénibles.

L'artiste a demandé à son médecin de l'aider à dormir, et le médecin lui a donné du propofol pendant deux mois... Jusqu'au jour où l'artiste ne s'est pas réveillé. L'histoire aurait pu s'arrêter là et nous montrer, une fois encore, que la gloire et l'argent sont capables de détruire des vies. Sauf que...
Cette nuit-là, préoccupé par on ne sait quel mystère, le médecin n'est pas resté au chevet de son patient, pourtant sous sédatif.
Etait-ce la première fois qu'il s'absentait alors qu'il n'aurait pas dû ? Etait-il déjà trop tard quand il est revenu ? L'histoire ne le dit pas et ne le dira jamais. Quand les urgentistes ont été prévenus, il était trop tard. L'artiste était mort.

Le médecin-cardiologue a été accusé et la justice a suivi son cours, jusqu'à son procès, deux ans et demi après la mort de l'artiste.
Quand le procès a démarré, il est rapidement devenu évident que le médecin-cardiologue était coupable : il n'avait pas pris les précautions nécessaires et suffisantes pour rendre le médicament sûr. Il n'avait pas réagi quand il avait vu que son patient allait mourir. Il avait caché des preuves, modifié des appareils, menti aux urgentistes. Il avait aussi, à défaut de remplir un dossier médical, enregistré son patient qui délirait, la bouche pâteuse, sous l'effet des sédatifs.
Le médecin a refusé de témoigner ; il n'a pas raconté sa version des faits à la barre, évitant ainsi les questions du procureur lors du contre-interrogatoire.

Après 8h30 de délibérations seulement, le jury est arrivé à la conclusion que le médecin était coupable d'avoir causé la mort de son patient. Et ce, à l'unanimité. Le médecin a été mis en détention sans possibilité de sortir sous caution en raison du danger qu'il représente pour le public, jusqu'à l'audience pendant laquelle il saura quelle peine il devra purger.

Le soulagement de cette annonce pour la famille, les amis et les admirateurs de l'artiste a, pourtant, été de courte durée.
Car, moins de 24h après, une chaîne de télé a annoncé avoir réalisé un documentaire avec le médecin, qui a été tourné pendant deux ans, et ce, jusqu'à la fin de son procès. Il est déjà programmé et sera probablement diffusé dans de nombreux pays, malgré le boycott annoncé.
On comprend mieux maintenant pourquoi il a refusé de témoigner lors de son procès : il réservait ses détails "croustillants" pour son reportage. Et, surtout, il ne prenait pas le risque de se rendre ridicule et de discréditer son "documentaire" sous les questions du procureur.

Alors voilà. C'est l'histoire d'un médecin qui laisse mourir un patient après lui avoir administré des soins inadaptés dans des conditions douteuses, qui ne sait pas encore de quelle peine il va écoper, mais qui a probablement les poches pleines de dollars (le montant diffère selon les sources) et, surtout, une tribune offerte par plusieurs médias pour raconter ses mensonges honteux sans procureur pour le contredire.
Cerises sur le gâteau : lors de leur réquisitoire, les avocats de la défense ont exhorté le jury à ne pas se croire dans une émission de télé-réalité. Quant au documentaire, il est intitulé "Michael Jackson et le docteur : une amitié fatale".

La morale de cette histoire ? Je la cherche encore...