A la naissance, Axelle réagissait au lait de vache, qui passe dans le lait humain. Qu'à cela ne tienne, j'ai fait un régime d'éviction du lait de vache et j'ai continué d'allaiter.
Mais pour cela, il me fallait éliminer toute trace de lait ; autant dans la nourriture cuisinée à la maison, c'était facile, autant quand il s'agissait d'acheter un paquet de gâteaux ou un plat tout prêt parce que là, vraiment, j'ai ni le temps ni le courage de cuisiner, c'était une autre paire de manche... C'est à cette période que j'ai découvert le monde des additifs alimentaires et autres petits détails concernant ce que nous mangeons.

Parce qu'en cherchant dans la liste des ingrédients les indications de "lait", "protéines de lait", "lactose" et autres dérivés du lait, j'ai aussi trouvé des E130, E140, et autres E124.
Et franchement... MAIS C'EST QUOI, CES PRODUITS ? Pourquoi les industriels de l'agroalimentaire se sentent-ils obligés de coder une information dont les consommateurs ont besoin ? C'est louche...

Alors évidemment, NON, je n'ai pas appris par coeur une liste sans fin de Exxx à éviter. D'abord parce que je ne sais pas ce qui se cache derrière tous les additifs alimentaires. Et ensuite parce que c'est quasi impossible d'apprendre une liste de chiffres pour un usage quotidien. Mais je devrais. J'ai trouvé un site qui répertorie les additifs et la lecture du site est tout simplement édifiante.
En attendant de trouver le courage de m'y mettre, j'élimine déjà d'office les produits que je connais et qui sont reconnus potentiellement nocifs à la santé, comme l'aspartame (et les édulcorants en général) et l'huile de palme. J'élimine donc d'office ce qui est "sans sucre", ce qui contient de la graisse de palme et des graisses végétales non spécifiées (s'ils ne veulent pas nous dire quels végétaux ils ont utilisé pour leurs produits, c'est qu'il y a probablement de l'huile de palme, non ?), les huiles hydrogénées...

Où sont les produits sains


Dans cette optique de manger mieux, je me suis également mise au bio. Au début, les yeux fermés. Et puis, les supermarchés ont commencé à produire leur propre marque bio et je me suis méfiée. J'ai donc commencé à lire les étiquettes des produits bio. Ces derniers temps, on trouve de l'huile de palme bio dans les marques bio. C'est dire si le marketing s'est emparé du besoin des consommateurs de manger sain. Même quand je vais dans une petite boutique bio, je lis toutes les étiquettes pour m'assurer qu'il n'y a pas de produits douteux dans ce que j'achète.

Je suis assez tatillon également sur la provenance des produits. Je préfère acheter local qu'international. Il me semble que tout le monde y gagne ; le producteur d'à côté, la nature, puisqu'il a fallu peu de carburant pour faire venir les fruits et légumes, et moi, puisque les légumes ne mûrissent pas pendant le transport. Et puis, cela m'évite de participer à l'exploitation des agriculteurs, voire des populations du bout du monde.
J'ai également déjà trouvé des herbes aromatiques estampillées bio, venant d'Egype ou de Turquie. Des herbes qui poussent tellement bien chez nous que, pendant tout le printemps et une bonne partie de l'été, je les trouve en pot au supermarché, au rayon des fruits et légumes... L'aberration bio à son maximum - déjà relevée par ma copine, la journaliste it pink et green.

Alors donc depuis quelques temps, soit pour ma santé, soit par refus de cautionner, je n'achète plus de nutella (55% de sucre, 23% d'huile de palme... Hem... Bon appétit), plus de sodas (les usines d'embouteillage pompant l'eau potable des populations pauvres et polluant leur environnement), etc.

J'essaye de diffuser l'information autour de moi ; ça me semble important. Du coup, mes contacts facebook voient régulièrement passer des liens dénonçant telle pollution ou tel mensonge (le denier en date : le muguet). Et j'en parle autour de moi.
Evidemment, sur facebook, les retours sont assez positifs : mes contacts partagent beaucoup de mes convictions, de mes centres d'intérêts, donc les liens que je poste sont assez rediffusés et je rediffuse les liens de beaucoup d'amis. J'aime cette source d'information et de diffusion que représente mon fil d'actualités.
En revanche, dans la vraie vie, la tendance est plutôt inversée. Je n'ai encore jamais eu droit à un "tu fais chier avec ta planète", mais je sens que ce n'est pas loin de sortir pour certains. Mais la réponse quasi-unanime à mes inquiétudes quant à ce que nous ingurgitons au quotidien est :

"Oh, tu sais, si nous devions faire attention à tout ce que nous mangeons,
nous ne mangerions plus rien !" 

Cette phrase, je l'ai entendue plus d'une fois. Et elle me laisse perplexe.
Elle signifie, tout simplement, que nous savons parfaitement que nous nous empoisonnons au quotidien, mais que nous refusons d'en tenir compte.

Comment en sommes-nous arrivés là ?